Apple: En Chine, un brutal système d’exploitation 

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Pollution de l’air, travail forcé, insultes… Fabricant sans usine, l’américain est peu regardant sur le sort réservé à sa main-d’œuvre chinoise.

Cancers. Les habitants du village de Tongxin (province du Jiangsu), où est installé Kaedar Electronics, fournisseur d’Apple, ont un taux de cancer sidérant. Neuf des 60 résidents d’un quartier à proximité immédiate de l’usine souffrent d’un cancer ou en sont morts depuis 2007, selon ce rapport. Les habitants ne laissent jamais leurs fenêtres ouvertes la nuit, car l’usine relâche alors des «vapeurs toxiques étouffantes», notent les enquêteurs.

Autre exemple cité par le rapport : la société Meiko Electronics, installée à Wuhan, suspectée de fournir Apple en circuits imprimés. L’analyse d’échantillons d’eau prélevés dans le lac Nantaizi, où l’usine déverse ses déchets, a mis en évidence un taux de cuivre de 56 à 193 fois plus élevé que la normale. Selon Ma Jun, l’un des auteurs du rapport, «Apple n’essaye manifestement pas de résoudre ces problèmes».

Kidnappés. Les accidents chez les sous-traitants d’Apple sont monnaie courante. En 2010, 137 ouvriers de Wintek ont été gravement intoxiqués par une fuite de n-hexane, un produit chimique utilisé pour nettoyer les écrans des iPhone. Le 20 mai, trois ouvriers de Foxconn ont été tués par une explosion sur une chaîne d’iPad 2. Les conditions de travail sont telles chez Foxconn que 18 ouvriers ont tenté de se suicider en se jetant du haut des dortoirs des usines depuis janvier 2010. Au moins quatorze d’entre eux sont parvenus à mettre fin à leurs jours. Le dernier suicide en date remonte au 20 mai, à Chengdu. Alors que la loi chinoise n’autorise que 36 heures de travail supplémentaire par mois, les petites mains de Foxconn sont «contraintes» à suer 80 à 100 heures de plus, note un rapport réalisé l’an dernier par des chercheurs de 20 universités chinoises qui ont interrogé un panel de 1 800 employés.

Les ouvriers sont fréquemment «kidnappés» dans leurs dortoirs pour aller travailler à la chaîne, où les tâches répétitives durent en moyenne deux secondes. «Ils n’ont pas le droit de parler, de sourire, de s’asseoir ou de faire des gestes inutiles. Ils doivent remplir un quota de 20 000 assemblages durant leurs longues vacations.» Environ 13% des ouvriers interrogés disent s’être déjà évanouis à la tâche. Dans cet univers plus féroce encore que les Temps modernes de Chaplin, les contremaîtres ont tout pouvoir. «Plus de 28% des ouvriers ont été insultés par leurs superviseurs et les gardes de sécurité.» Pour les auteurs du rapport, les usines de Foxconn seraient «comparables à des camps de concentration».

Source: En Chine, un brutal système d’exploitation – Libération

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